jeudi 23 mai 2013

Le foyer d’où personne ne sortait


    Comme chaque nuit, elle s’accrochait le long de son lit à ces bouts de sommeil qui fuyaient incessamment ses paupières. Un sommeil qui la délaissait depuis quelques jours. Elle se sentait esseulée dans cette noirceur des nuits d’été suffocantes de chaleur. Seule, elle s’allongeait pour des heures sur son lit, unique meuble au fond d’une chambre qui lui semblait de jours en jours de plus en plus étroite. C’était son monde à elle, là où elle passait des longs moments écoutant des mélodies qui la transportaient dans un au-delà qu’elle a bâti lentement pièces après pièces.

    Ce monde à elle, le sien, c’est lui qui lui imposait désormais les pires doutes. Des questions qui la harcelaient non pas à cause d’une complexité  quelconque, mais plutôt à cause d’une certaine simplicité qui les caractérisait, une sorte d’intrigue qui s’imposait à elle, une énigme qui remettait en cause les fondements de son monde, elle ne savait comment avoir la certitude si cette possibilité de bonheur  était réelle où bien si c’était une chimère que le destin balançait à elle en guise de farce.

Elle doutait, elle hésitait, elle souffrait …

    Ce jour là, allongée sur son lit, elle sentait un regard qui la caressait, elle ne savait plus si elle dormait vraiment, et ne voulait pas non plus interrompre ces doux moments de somnolence. Le réel et l’imaginaire se confondaient. Elle essayait de se guider vers un rêve dans lequel elle serait ailleurs, au-delà de ces murs et très loin de ces  figures.

Ailleurs, loin de ce foyer d’où personne ne sortait.